A-Une distribution « pour ne pas se prendre la tête »

Linux pour les vieux ?

Linux offre des distributions pour les vieux ordis, des distributions pour les débutants, et des distributions pour ceux qui cherchent une informatique facile à utiliser.
C’est le cas de plusieurs distributions, comme Handylinux. J’en présenterai d’autres plus tard, dans Linux et moi > Petites Distributions Linux.

 

Une amie m’a récemment parlé de HandyLinux, et bien que je sois un peu réticent envers les distris linux qui poussent comme des champignons… et meurent aussi vite, j’ai été séduit par le projet.

Bon ! si vous avez été surpris par mon sous-titre, Handylinux se présente comme une distribution pour « les très grands débutants », mais aussi les seniors. Et comme c’est une distribution conçue aussi pour pourvoir s’installer sur les très vieux ordinateurs peu puissants… 🙂

Mais ce serait dommage de la réduire à ces catégories d’utilisateurs : Handylinux peut intéresser tous ceux qui ont envie d’une interface simple et conviviale.

Qu’est-ce qui me séduit dans HandyLinux ?

– C’est un projet francophone (qui est capable de speaker english d’ailleurs) ;
– fondé directement sur Debian, comme Ubuntu (c’est pour ça que je n’en parle pas dans mon article sur Ubuntu et ses variantes) ;
– on peut l’installer sur un ordi ancien, voire très ancien, puisqu’il suffit d’un processeur Pentium IV, 512 Mo de mémoire vive (RAM), et moins de 5 Go de libres sur le disque dur ;
– il est destiné aux débutants, pas seulement les débutants sous Linux, et comme je le disais en plaisantant, aux seniors mais aussi aux enfants, aux handicapés, et à tous ceux « qui sont en quête de simplicité » ;
– l’interface est effectivement claire et simple, et l’aide pour ceux qui patouillent omniprésente. Les paramétrages et réglages sont cachés, mais accessibles si on les cherche ;
– la facilité d’utilisation (usability) est recherchée, l’accessibilité est réelle pour certains handicaps, l’évolutivité (au fur et à mesure que l’on progresse) est proposée, pour les « aventuriers » qui veulent aller plus loin, au point de pouvoir quitter l’interface grands débutants pour une version XFCE à part entière et puissante ;
– le forum est actif et réactif, y compris le dimanche ! je l’ai vérifié, et les commentaires pris en compte rapidement ;
– le projet est récent, mais il évolue très vite (la succession des releases l’atteste), et la communauté se démène pour intégrer les demandes des utilisateurs.

Après ce survol, entrons un peu dans les détails :

La première annonce de son lancement que j’ai trouvée date d’octobre 2013 sur Linuxfr.
Une nouvelle annonce sur le même site est faite pour la sortie de la 1ère version 2014, la 1.4.2., puis de toutes celles plus récentes.
Fin avril sortait la version 1.5, que j’ai installée « pour voir » dans une machine virtuelle. Et malgré les visuels de présentation que propose le site, très bien faits, j’ai été vraiment impressionné au moment de la prise en mains directe. La version 1.6 est sortie (le 14 juillet 2014) , et la version 1.8. le 17 janvier 2015 : si vous avez installé une version antérieure, vous l’avez maintenant par mise à jour, si vous la découvrez, prenez la nouvelle version, qui se bonifie avec le temps comme le bon vin ! La version 1.9 paraît le 10 avril 2015. Les remarques qui suivent peuvent ne plus être justes, puisque cet article-ci parle de la version 1.5. Lisez plutôt l’article qui parle des évolutions : « De HandyLinux à Debian« , et l’article HandyLinux V2, consacré à la nouvelle version 2.

Aussi bien si l’on se comporte en grand débutant qu’en aventurier. Enfin presque : si l’on ne connaît vraiment rien en informatique, au point de ne pas savoir manier clavier et souris, il y a un excellent tuto à disposition sur le site. Toutefois, les écrans se superposent si l’on n’a pas (déjà) appris à les fermer, ou se chevauchent si on ne sait pas (encore) les déplacer. Mais pour moi, et pour tous les moniteurs qui interviennent en EPN (Espace Public Numérique), je suis persuadé qu’on est dans les meilleures conditions d’animation des premières séances d’apprentissage.
Pour les aventuriers, ce qui leur manquera sûrement, c’est la roulette de la souris (est-ce pour ne pas troubler les grands débutants qu’elle est inactive ?).
Ce qui est très intéressant pour les animateurs de groupes de débutants dans cette distri, c’est l’organisation de l’écran pour accéder à toutes les grandes activités que peuvent rechercher les apprenants : bureautique, jeux, multimédia, internet, etc. Les débutants savent ainsi très vite qu’est-ce qu’ils vont pouvoir faire sur leur ordinateur.
Et ceux qui ont dépassé ce stade vont aussi pouvoir transformer l’interface en fonction de leurs besoins, et piocher sans réserve dans l’importante logithèque de Debian. Je n’ai encore qu’une toute petite expérience d’Handylinux, mais j’ai été surpris de la « puissance sous le capot » : cette petite distri a tout d’une grande !
Naturellement, Handylinux est en licence libre GNU-Linux, tout est gratuit et surtout libre ; pas à 100% certes, mais même Debian (qui sert de socle) ne l’est pas. La raison n’en est pas commerciale, mais pratique : pour offrir des applications populaires comme Skype, FaceBook ou Twitter, Youtube, Flash et Chrome, sans parler des pilotes propriétaires, il faut bien faire un minimum de concessions.

Pour s’informer (et participer si l’on veut)

La page de Wikipedia qui est consacrée à HandyLinux est très bien faite, et donne toutes les indications importantes.

HandyLinux propose une docu simplifiée sous forme de tableau avec blocs cliquables, qui répond à toutes les questions préalables que l’on peut se poser (pourquoi passer à HL – matériel requis -obtenir une image ISO – transférer l’image HL – tester HL sans risque – Installer HL sur votre machine – découvrez votre nouvelle distri – les applis intégrées – personnalisez votre environnement.). Remplacée désormais par une documentation vidéo, que l’on peut regarder en ligne ou télécharger en PDF ou autre format.

Si vous avez besoin d’aide personnalisée, en plus de celle que l’on peut trouver partout sur le site en cours d’utilisation, vous pouvez poser vos questions sur le forum, et si vous souhaitez participer, vous pouvez aller sur le blog.

Pour l’installer :

Le site Lea-linux fournit un tuto pour installer HandyLinux pas à pas. Il suffit de suivre les explications fournies. Ne pas oublier de vérifier l’intégrité de l’image téléchargée : l’empreinte MD5 se trouve juste au-dessous du lien de téléchargement pour la version 1.9 ici, et pour la version 2.x ici.
Comme on peut supposer que vous ne l’installez pas sur un nouvel ordi vierge (sans OS pré-installé), vous allez devoir l’installer, soit à la place soit à côté de votre ancien système.
A moins de faire comme moi, et de l’installer en machine virtuelle. Dans ce dernier cas, vous n’avez pas besoin de graver votre image ISO pour booter avec, il suffit d’indiquer la localisation du fichier .iso que vous avez téléchargé.
Personnellement, je l’ai installé dans une machine virtuelle avec Ubuntu 14.04 en tant qu’hôte, et Virtualbox 4.3.10 pour monter l’image ISO (x686) de HandyLinux. Pour ceux que cela intéresse, il faut se souvenir qu’Handylinux est en 32 bits, et cocher la fonction PAE, sinon vous aurez un message d’erreur, et vous devrez corriger la config à la fin de l’installation.
Sinon, la procédure est typiquement celle d’une distri comme Debian/Ubuntu, utilisant le moteur GParted pour la gestion de l’espace disque. Si la procédure décrite sur le site de Lea-linux par IdeeFixe ne vous effraie pas, allez-y car ça se passe comme il le montre !

N.B. Depuis l’édition de cet article, j’ai eu l’occasion de l’installer en cybercommune sur deux vieux ordis d’usagers qui voulaient remplacer Windows XP. Il existe deux versions d’HandyLinux :
une version i686 qui supporte le PAE, qui convient aux configurations « modernes » (= postérieures à 2005 en principe)
– une version i486 (jusqu’en 2005 et qui surtout ne supporte pas PAE)
– les ordis sur lesquels je les ai installés dataient de 2004-2005 justement, et la version PAE non supportée. J’ai voulu les installer ensuite en live-CD, ce qui est une solution courante sous Linux pour vérifier la compatibilité du matériel et la capacité de l’ordinateur à supporter le système.
Mais ça n’a pas été une réussite, car sur de vieux ordis on a en général très peu de mémoire vive !… C’était extrêmement lent et haché, finalement très décevant. N.B. IdeeFixe m’a signalé que la réactivité était bonne avec un peu plus de mémoire vive (768 ou plus).

Si certains font cette expérience négative, qu’ils ne renoncent pas : l’installation sur le disque dur s’est très bien passée sur les 2 ordis, en dual boot avec Windows XP pour l’un, et une bonne fluidité du système une fois installé (des deux systèmes pour l’ordi qui est en dual boot).