Mon mini-PC aussi souffre de la canicule !

En décembre dernier, je me suis offert un mini-PC, pour remplacer mon vieux portable moribond. Les NUC et autres barebones deviennent populaires, et j’avais envie d’essayer un matériel moins encombrant que mes tours habituelles.
Certes, un mini-PC serait plus encombrant que mon portable 17″, bien que cela fasse des années qu’il n’était plus que transportable, la batterie ayant toujours une longévité nettement inférieure à l’appareil qu’il alimente ; donc j’avais depuis longtemps toujours un fil à la patte, puisqu’il fallait relier le portable au secteur (si vous en avez vous-même, vous comprenez certainement pourquoi je n’avais pas racheté de batterie !…) Mon vieux Toshiba Satellite P300 était donc assigné à résidence dans ma chambre, et le mini-PC s’y substituerait facilement.

Photo Beebox-S 7200UJ’ai donc opté pour un Asrock Beebox, modèle S-7200U, parce qu’au moment du choix c’était le seul mini-PC disponible en France avec le nouveau processeur Intel Kaby Lake. Or je voulais les composants les plus récents. Pas sûr que j’aie eu raison, d’ailleurs ! J’avais cloné mon système Windows 7 et mes logiciels sur un SSD qui irait bien, quitte à mettre mes données sur un autre support SSD au récent format M.2. Mais très vite, je me suis aperçu qu’il faudrait passer à Windows 10 (que je n’aime pas), parce que les processeurs de septième génération disposent d’un jeu d’instructions non compatible avec les versions anciennes de Windows. De fait, j’ai eu rapidement des messages de MS indiquant que certaines mises à jour de Windows ne pourraient pas avoir lieu. Je n’aurais pas eu ce type de désagrément avec un processeur Skylake (la génération 6 précédente), alors que les bénéfices du nouveau processeur ne sont pas évidents sur un tel appareil.

Bref, si j’avais opté pour un autre mini-PC parmi l’offre disponible, je n’aurais sans doute pas choisi un appareil sans ventilation. Bien sûr, on présente les appareils fanless comme offrant un avantage supplémentaire, et si vous avez parcouru mon site, vous connaissez mon obsession du bruit.
Mais s’il existe des moyens efficaces de rendre inaudible une tour haut de gamme conçue pour le silence, le problème est plus délicat pour un mini-PC ! Un mini-PC est un PC, souvent puissant, compacté au maximum pour prendre moins de place (la définition est de moi 😉 ). Ce qui veut dire qu’à l’intérieur de ce boîtier réduit, c’est plein comme un œuf ! Et que la circulation d’air y est par définition difficile. Dès le départ, mes recherches d’un mini-PC ont donc été sensibles à ce risque.

Asrock annonce pour ses Beebox « une conception spécifique qui rend le système totalement silencieux. » Le fait est qu’il l’est : il n’y a d’autre ventilateur que le ventirad du CPU, que l’on ne perçoit que si le processeur supporte une forte charge.
C’est vrai, il est bien agréable d’allumer l’ordi et de commencer à l’utiliser sans le moindre bruit. Mais il est moins agréable de le voir se planter, comme ça m’est arrivé souvent, y compris peu de temps après le démarrage, si bien que je n’ai pas pensé d’emblée à une mise en sécurité du processeur.
Comme l’incident se produisait parfois à des moments où je touchais au boîtier, par ex. pour mettre ou retirer une clé USB, je me suis demandé si je ne déclenchais pas involontairement le bouton de marche-arrêt : en effet ce bouton, placé sur le dessus de l’appareil, est très sensible, et il suffit de l’effleurer pour le déclencher ; or, introduire ou retirer une clé USB oblige à tenir le boîtier très léger, et de surcroit pas très rigide. J’ai donc acheté un hub à 4 ports USB 3, ce qui de toutes façons était utile, car il n’y en a que trois (+ une en USB type C), dont deux occupées en permanence pour relier sans fil mes périphériques.
Ben oui, l’un de mes objectifs était aussi une config sans fil… ou presque ! Or, il y en a forcément : les câbles d’alimentation électrique du Beebox (avec un encombrant transfo moitié aussi gros que le boîtier), et celui de l’écran ; et le câble Display Port entre l’écran et le boîtier. Tout le reste, je l’ai conçu sans fil : Wi-Fi pour le réseau (en 802.11ac et qui marche très bien), bluetooth pour les enceintes (Denon Envaya), les hauts-parleurs de l’écran servant uniquement aux notifications du système 😉 ; et techno ANT 2.4 GHz pour mon ensemble clavier-souris Logitech Illuminated/M510, avec un récepteur USB spécifique.
Ainsi, j’arrive à ne pratiquement plus toucher le boîtier. Et donc les plantages ne viennent pas/plus de là. Or, la canicule précoce de cette année 2017 m’a vite fait comprendre la cause de mes soucis. Il m’a suffi d’installer un logiciel de monitoring de la température (Speedfan) pour me convaincre que ma Beebox surchauffait et supportait bien mal les 35° de mon bureau !

Que faire… à part attendre l’automne pour réutiliser mon appareil ? D’abord, j’ai posé une grille pour surélever le boîtier, afin d’améliorer l’arrivée d’air : ce sera peut-être utile quand il fera plus froid ? Puis, il m’est venu cette idée, qui marche, et que je peux donc partager avec vous.
Puisque l’arrêt de sécurité automatique (qui protège tous les processeurs récents) vient d’une insuffisance de ventilation du boîtier, ajoutons-en une ! Pas à l’intérieur du boîtier, évidemment, on ne bricole pas l’intérieur d’un mini-PC comme celui d’une tour, et il n’y aurait de toutes façons pas la place dans ce modèle-ci. Donc à l’extérieur, sous le boîtier par où se fait l’arrivée d’air.
J’ai fouillé dans mon bordel hardware, accumulé par plus d’une décennie de montage d’ordis, pour retrouver un ventilateur de boîtier qui traînait : en l’occurrence un Noctua NF-S12, très silencieux comme tous les appareils que je montais, avec un petit variateur actionnable manuellement (LNA/ULNA). Bien sûr, il me fallait faire un petit bidouillage pour l’alimenter autrement qu’avec les câbles prévus pour être fixés sur une carte-mère. J’ai donc cherché dans la bonne quinzaine de transfos que je n’ai pas jetés celui qui se rapprocherait le plus des spécifications du ventilateur, et j’ai fini par opter pour un cordon d’alimentation de disque dur externe, qui offre des valeurs compatibles avec les 12 V et les 1.5 W nécessaires. Une petite épissure pour chacun des deux câbles (phase et neutre), un bout de chatterton pour les isoler, et mon ventilo tourne comme il faut.

 

 

On voit sur la photo les épissures

 

 

 

Reste à placer mon ventilo 12 cm sous le boîtier, qui a presque les mêmes dimensions en longueur et largeur, en orientant le souffle vers l’entrée d’air du boîtier, et voilà !

Ça augmente de 2.5 cm la hauteur du boîtier, et ça ne se remarque pas trop d’un point de vue esthétique ; mais ça complique un peu le déplacement, quand/s’il doit y en avoir. Et ça ajoute un câble d’alimentation à l’ensemble de l’installation.
Vous voyez pourquoi je n’aurais pas choisi une solution fanless si j’avais eu le choix ?! Mais en fin de compte, c’est devenu une solution acceptable, pour mon usage personnel. Et et en tant qu’adepte du DIY (faites-le vous-même !).
En tous cas, je n’ai plus de plantages depuis que j’ai fait ce bricolage : croisons les doigts !