Archives de l’auteur : Maxy

Sauvegarde, image disque, clonage

Ce tutoriel a été réalisé au départ pour un stage d’usagers de l’EPN (Espace Public Numérique) où j’interviens.

Sauvegarder consiste à enregistrer dans un endroit sûr : à en avoir le double, sur un autre support si possible éloigné du premier.
Sauvegarder = se prémunir contre le vol, contre la perte, contre l’accident, contre la défaillance de l’ordinateur, du disque dur…
Sécuriser ses données et son système passe par leur sauvegarde régulière. Cela concerne d’abord et surtout ses données personnelles, que l’on est seul à posséder et qui disparaitraient en cas d”accident”.
Cela concerne aussi son système et la manière dont on l’a personnalisé (on peut toujours réinstaller son système, mais c’est long de le remettre dans l’état où il était avant le crash !).

Sauvegarde, image disque, clonage

Ces trois termes désignent des modes de sauvegarde.

La sauvegarde (simple) désigne le stockage dans un autre endroit (que l’enregistrement habituel), de ses données : textes, photos, vidéos, musiques…

L’image disque et le clonage sont des opérations de sauvegarde particulières du système (O.S., paramétrages, logiciels, …) destinées à pouvoir restaurer ou dupliquer celui-ci en cas de besoin.

Dans cet encart, pour ceux qui veulent en savoir plus :

Image disque et clonage

Une image disque est une sauvegarde de tout le contenu d’un disque ou d’une partition à un autre emplacement, en un seul fichier. Le système d’exploitation complet ainsi que tous les programmes installés et les paramètres seront également sauvegardés.

  • Avantages : un seul fichier contient l’ensemble des données sauvegardées à un moment donné, et on peut restaurer cette image en cas de défaillance du système en place, pour revenir à ce qu’il était au moment de la création de l’image. On peut faire des images disque périodiquement. Les images disque peuvent être comprimées pour gagner de la place sur le support de sauvegarde. On peut les protéger par un mot de passe.
  • Inconvénient : la restauration d’une image disque nécessite d’utiliser le même logiciel que celui qui a effectué sa création.

Un clonage consiste à faire une copie immédiate du disque (ou de la partition) directement sur un autre disque ; il transforme le disque cible en un double du disque source : c’est une duplication, une reproduction à l’identique du disque source.
On l’utilise donc essentiellement pour changer de disque (un vieux pour un neuf, un HDD pour un SSD, un petit pour un plus grand).
Le disque cible doit être neuf ou vide, aussi grand ou plus que le disque source (certains logiciels payants permettent de contourner cette contrainte), car il ne contiendra que ce qu’il y a dans le disque source, avec sa structure et ses divisions.

  • Avantages : on peut se servir immédiatement du clone, comme si c’était le disque d’origine. Si on a cloné le disque système (C:), on peut remplacer l’ancien disque par le nouveau et s’en servir comme si c’était le même. Dans une organisation, on peut dupliquer la même configuration sur tous ses ordinateurs.
  • Inconvénients : on duplique à l’identique, donc on ne compresse pas les données, on ne peut pas faire de clonage incrémentiel ni différentiel, on ne peut pas avoir plusieurs versions successives. Et ça occupe plus d’espace qu’une image disque. Si ce n’est pas pour un usage immédiat, mais par précaution, cela immobilise un disque dur (ou en tous cas une partition). Surtout, cela reproduit les caractéristiques de la machine donneuse, qui peuvent ne pas s’appliquer à la machine receveuse (alors qu’une installation du système tient compte des caractéristiques hardware de l’appareil).

Les deux opérations sont donc complémentaires :

  • des images disque pour garder en réserve l’intégralité de son ordinateur, avec la possibilité de faire rapidement des sauvegardes incrémentielles/différentielles pour rester « à jour » ;
  • un clonage du disque système pour être opérationnel rapidement en cas d’urgence.

Conditions préalables

Il faut disposer d’un support extérieur à son ordinateur, même si l’on peut à la rigueur utiliser une deuxième disque interne. Mais il est bien sûr conseillé d’utiliser un support externe et si possible éloigné. Voici un schéma de solutions possibles :

Il est préférable que ce support externe soit dédié à cette fonction de sauvegarde : un portable ou un autre ordinateur domestique ne sont pas non plus des solutions idéales, même si elles permettent de se constituer un double ailleurs.

D’autres considérations sont à prendre en compte : le support doit être à la fois facile d’accès, pour que les opérations de sauvegarde puissent être programmées et réalisées sans effort, et à l’abri des risques de vol, d’incendie, etc. Ces deux exigences sont assez contradictoires, il faut donc y réfléchir pour trouver la solution qui vous convient.
Le “cloud” est évidemment tentant : proche et lointain. La question ici est celui de la sécurité et de la confidentialité de votre hébergement : à qui confiez-vous vos précieuses données ? et qui peut y avoir accès à part vous ? Plusieurs des tutos mentionnés dans l’article en parlent.
Cela ne se limite pas à l’espace de stockage en ligne, mais concerne en plus le transfert des données vers/de l’espace de stockage en ligne. Des solutions de chiffrement des données, et de chiffrement de bout en bout de la connexion avec l’hébergeur, peuvent s’avérer nécessaires.

C’est évidemment plus compliqué que de sauvegarder sur un disque externe, une clé USB, voire un NAS personnel. C’est donc ce que je recommande pour les néophytes.

Comment procéder

On peut bien sûr copier/coller “à la main” tous ses fichiers depuis le dossier source (par ex. C: \utilisateurs\Marguerite\) vers le dossier destination (G: disque externe\). C’est une solution possible pour ses dossiers personnels, à condition d’en avoir peu et de les avoir bien rangés. Mais ça prend du temps, c’est fastidieux, et on risque d’en oublier et de s’emmêler les pinceaux.
Pour la réalisation d’images disque et de clonages, cette solution est exclue : Il faut des programmes “qui sachent faire”.

Pour la sauvegarde des données

A l’EPN, on s’est entraîné à utliser Syncback. Mais je signale un autre logiciel, Echosync, qui est peut-être plus facile pour apprendre seul. Ce sont deux logiciels gratuits.

Echosync : C’est un logiciel portable (c’est-à-dire un exécutable qu’il n’y a pas besoin d’installer dans Windows), éditeur Luminescence Software, gratuit sans être open source, français, qui fonctionne sous Windows 7, 8.x, 10. La version en mars 2018 est la v. 5.0.0.0
La page d’accueil fournit un survol du processus de sauvegarde, et une documentation sous forme de FAQ détaille les points importants. Son interface est très ergonomique, conçue pour être facilement accessible et pour éviter de se tromper.

Pour l’avoir testé et fait utiliser à des néophytes, il marche très bien pour faire des sauvegardes différentielles/incrémentielles et de la synchronisation.

SyncbackFree : un logiciel puissant, qui permet de faire de simples sauvegardes (comme on s’y limite à l’EPN), mais qui possède de nombreuses fonctionnalités pour les connaisseurs. En version 8.5.33 en mars 2018, éditeur 2BrightSparks, gratuit, français disponible pour le logiciel même si le site est malheureusement entièrement en anglais, qui fonctionne de Windows Vista à 10 en 32 ou 64 bits, La version gratuite pour les particuliers est bien suffisante.
On trouve de nombreux tutos, dont certains trop anciens n’auront pas la même interface (mais le processus est le même). J’ai retenu les deux suivants, l’un pour la clarté des opérations de sauvegarde, l’autre parce qu’il en dit un peu plus sur l’utilisation de la sauvegarde.

  • Celui de tech2tech : bien détaillé pour réaliser une  sauvegarde simple,
  • Celui de Hardware s’intéresse aussi à la restauration des données, et il détaille la procédure, plus complexe, des sauvegardes de type miroir.

Pour les vieux PC qui sont encore sous Windows Vista ou même XP, utiliser Cobian Backup, l’actuelle version 11 (Gravity) fonctionne de XP à 10, mais l’éditeur propose sur son site toutes les versions antérieures, qui peuvent servir pour les vieux ordis.
Un tuto très détaillé en français : https://openclassrooms.com/courses/protegez-l-ensemble-de-vos-donnees-sur-votre-ordinateur-1/tp-planifiez-vos-sauvegardes-avec-des-outils-libres. Seul point à ne pas forcément suivre dans le tuto, celui-ci propose de l’installer en « service », ce qui fait qu’il restera actif sur l’ordi tout le temps. Ce n’est pas utile pour vous, surtout sur un vieil ordi : préférez l’installer en « application », ce qui permet de le lancer quand on décide de faire une sauvegarde. Le (bon) lien de téléchargement est donné sur le tuto.

Pour compléter cette partie sur la sauvegarde des données, le site LibèreTonOrdi donne de précieux conseils, en plus de suggérer d’autres utilitaires que ceux que j’ai privilégiés.

Pour effectuer des images disque

Les deux opérations (image disque et clonage) sont techniquement très voisines, ce sont donc souvent les mêmes programmes qui font les deux. Sauf que les éditeurs vendent leur produit, en laissant souvent la fonction d’image disque gratuite… Attention cependant aux « versions d’essai », qui ne sont le plus souvent que des appâts bridés et plus ou moins inutilisables.

Attention encore : certains programmes ne fonctionnent que si l’on est sous Windows 7 ou antérieur, parce qu’ils travaillent sur le BIOS et le MBR, alors que vous avez besoin de programmes qui prennent en charge l’UEFI et le GPT si vous êtes sous Windows 8 à 10.
Pour plus d’info sur ce point, voir par ex. ce qu’en dit Culture-informatique.

Avant d’effectuer une image disque ou un clonage, il est vivement recommandé de faire un sérieux nettoyage de son système, de supprimer les programmes dont on ne se sert pas, de mettre à jour ses logiciels, de s’assurer que tout est bien fonctionnel. Si votre système n’est pas sur un SSD, faites également une défragmentation. Des utilitaires comme CCleaner et Revo Uninstaller sont recommandés pour ces opérations. Faites aussi un scan intégral avec votre antivirus. Tout cela évitera au maximum de transférer des cochonneries et des sources de dysfonctionnement, et peut-être d’éviter des erreurs ou des échecs de restauration… dont on ne s’aperçoit évidemment que lorsque l’on essaie de restaurer son système et qu’il est trop tard.

On peut d’abord se servir de l’utilitaire intégré dans Windows : Sauvegarder et restaurer, accessible depuis le panneau de configuration. Voici le lien vers le site de Microsoft qui explique comment faire. Sinon, on trouve des tutos, par ex. pour Windows 7, et pour Windows 10.

  • Avantages : pas besoin de chercher sur internet (et pas de risques à télécharger d’éventuels malwares ou autres sollicitations commerciales), bonne intégration avec le système en place, si bien que Windows peut suggérer la restauration d’une image disque en cas de problème.
  • Inconvénients : lent et lourd, difficile à paramétrer finement, et les images occupent beaucoup d’espace disque !

Programmes externes recommandables, en version gratuite :

Aomei Backupper standard : simple et efficace, en français. En mars 2018, v. 4,0,6

On trouve un tuto sur CultureInformatique. Mais le site d’Aomei donne déjà pas mal d’infos ; quoique sans distinguer la version gratuite de leur offre. Par ex. le clonage n’est pas possible dans la version gratuite.

EaseUs Backup Free suffit pour les images disque, mais il faut passer à la version « home » non gratuite pour le clonage.
Les tutos que l’on trouve sont souvent “sponsorisés” par EaseUs, et la démarche d’installation de la version gratuite suppose à la fois une inscription (que vous pouvez certes falsifier pour éviter les relances), et de subir leur présentation de l’intérêt majeur de passer à la version payante. Ceci dit, le soft présente des fonctionnalités réellement intéressantes, comme le test de l’image sauvegardée. Voici un tuto, mais il en existe quantité d’autres.

Clonezilla est libre, open source et gratuit et peut faire aussi bien les images que le clonage. C’est notre logiciel de référence pour ces deux opérations ; même si, élaboré pour le monde Linux, son interface peut rebuter. Plus d’explications ci-dessous (clonage).

Pour les vieux ordinateurs (qui ont un BIOS et un MBR, donc jusqu’à Windows 7), on peut utiliser Cobian Backup et Redo Backup. On trouve de nombreux tutos, par ex. celui de Crabe.info pour Redo Backup.

Sous Linux (en live CD ou sur SystemRescueCD) , Partimage ou Partition Saving. Souvent préinstallés, sinon les télécharger en passant par les dépots.

Pour effectuer un clonage

Perso, j’utilise fréquemment la version offerte avec l’achat d’un SSD Crucial d’Acronis True Image (qui est bloquée sur la version 2015, suffisante pour l’opération). Les SSD Samsung sont proposés avec SSD Magician, les Intel utilisent Data Migration Software, très bon aussi ; par contre, Transcend SSD Scope ne semble pas du tout apprécié.

Sinon on peut utiliser :

Clonezilla : l’incontournable si l’on veut du Libre/open source.Le site est en anglais mais le programme se met en français. Prendre la version alternative stable si vous êtes sous Windows 7 ou antérieur, et l’AMD64 version of alternative si vous êtes sous Windows 8 ou 10 (UEFI). Puis faire si possible un checksum avant de graver l’ISO.

Le soft propose les deux options  d’image disque et de clonage :

–> device/image = disque ou partition vers image : auquel cas on fait une image disque ;

–> device/device = disque à disque ou partition à partition, auquel cas on fait un clonage.

Il existe plusieurs tutos en français, le meilleur est celui de LeCrabeInfo, qui propose un pas-à-pas de la procédure :

Cloner son disque dur/SSD vers un autre disque avec Clonezilla

Pour la partie restaurer votre système avec Clonezilla, vous pouvez aussi vous servir de ce tuto de Fredzone, et de celui d’OctetMalin, certes moins convivial, mais qui peut compléter le précédent.
Bien entendu, Clonezilla est un programme Linux, et les linuxiens ont également de nombreux tutos en fonction de leur distribution. Pour Ubuntu, voir ici par exemple .

EaseUS Todo Backup Home : logiciel commercial , V10.6 fin 2017, pour Windows 7 à 10. Propose d’emblée le français. Fait des images-disques, mais PAS des clonages dans la version gratuite, il faut donc la version payante Home, entièrement fonctionnelle en version d’essai 15 jours, à télécharger et à utiliser au moment du clonage d’un disque.

On peut se servir du tuto de Logithèque, ou celui du site d’Easeus, en français. Minimachines utilise EaseUs Todo Backup version d’essai, en insistant sur les aspects matériels : quel disque, comment on le branche, comment on le réinstalle dans le boîtier. Les Numériques proposent aussi un tuto avec la version d’essai.

Conseils pour terminer

N.B. sur internet, vous trouverez une multitude de listes de logiciels de sauvegarde, de comparatifs de logiciels de sauvegarde, et de programmes de sauvegardes. Plus ils sont gratuits bien que merveilleux, plus vous devez vous méfier !

Ne vous écartez pas trop des conseils fournis ici ! A la fois sur les programmes à utiliser et sur les sites de téléchargement. Et soumettez les fichiers téléchargés à un scan antivirus, et si savez faire, vérifier l’empreinte (checksum) des fichiers téléchargés.

Résoudre les pannes de moniteur de PC

Cet article fait suite à une expérience familiale toute récente, qui va servir de fil conducteur.
Il se focalise sur les PC de bureau, et n’aborde pas le cas des écrans de portables (même si certains points peuvent s’appliquer à tous les types d’écrans).

L’écran s’éteint au démarrage de Windows

Steph a eu un curieux problème informatique : elle a une config bi-écrans, avec un super écran NEC IPS 24″ en 1920 x 1200 (16/10) pour graphistes, connecté en DVI, et un vieil écran Dell 4/3 17″, connecté en VGA. A un moment donné, elle s’est retrouvée sans son écran secondaire, avec le témoin d’allumage éteint. Elle en a conclu que son vieil écran était sans doute mort, et elle a donc voulu basculer d’une disposition bi-écran à une disposition mono-écran…. et elle n’a plus eu d’écran du tout ! Vérification des câbles, redémarrages de l’ordi, détour par le BIOS UEFI… rien ! Ou plutôt, si : le témoin d’allumage est bleu, et jusqu’au lancement de Windows, l’écran affiche les infos de routine. C’est quand Windows se lance que ça ne marche plus.
Au secooours !
D’autant plus que, pour chercher de l’aide sur internet, il vaut mieux voir quelque chose sur l’écran. 😛
Le problème était simple, en fait : elle avait fait un mauvais choix dans le basculement vers le mono-écran, en sélectionnant “moniteur”, dans la séquence suivante :

Alors qu’il aurait mieux valu qu’elle suive la démarche suivante :

Mais puisqu’elle ne l’avait pas fait, écran noir, puiqu’il n’est pas sélectionné pour recevoir le flux vidéo. Et la solution consiste donc à rediriger le flux vidéo vers son écran.
Donc, l’ordi allumé et (a priori) fonctionnel sous Windows, taper au clavier :

touche Windows + P, raccourci qui affiche les fonctions de deux écrans.

Sur ma version Windows 7 x64, Windows + P ouvre une jolie fenêtre avec 4 choix :

Dans cette fenêtre, choisir “Ordinateur Uniquement”. Ça a marché immédiatement pour son écran principal. Ceci dit, son vieil écran restait en effet H.S., et l’écran que j’avais apporté pour la secourir a aussi fonctionné … après avoir réactivé le dual-screen.

Cette “panne” d’écran est un peu particulière. Examinons les différentes situations de façon plus systématique :

La dalle de l’écran est brisée

Hélas ! c’est le pire cas. Vous pouvez envoyer votre écran à la déchetterie, ou mieux en recyclerie ou à un récupérateur de pièces, et aller vous acheter un nouvel écran ! Réparer ne vaut pas le coup ni le coût (la dalle représente 90% du prix d’un écran, c’est difficile à trouver, et difficile à réinstaller).
Votre assurance ne couvrirait pas cet accident ?

Le voyant du moniteur ne s’allume pas

Le voyant de mise en marche du moniteur ne s’allume pas (ou s’éteint brusquement, comme pour l’écran secondaire de Steph). Ça veut donc dire qu’il ne reçoit pas (ou plus) de courant. Actions à mener :

  • vérifier le câblage électrique, et éventuellement la multiprise (pour un ordi, c’est fou le nombre de prises électiques qu’il faut brancher, hein !). Tout est bien branché de chaque côté et sous tension ? Vous avez essayé avec un autre câble ?
  • débrancher l’écran plat (LCD) de son cordon d’alimentation électrique, appuyer sur le bouton marche-arrêt pendant 30 à 40 secondes, puis rebrancher et rallumer : Cela permet de vider les condensateurs et de réinitialiser le systême électronique de l’écran. Cette manip n’est pas anecdotique : c’est comme ça que j’ai ressucité l’écran soit-disant mort de Steph !

Ça ne donne rien ? alors c’est que la panne se situe sur la carte d’alimentation interne de l’écran. Sauf connaissances en électronique et un outillage adéquat, la réparation n’est pas envisageable par soi-même. Dans la dernière partie du tuto, je fournis des explications sur la réparation à entreprendre. Voici une photo d’un écran ouvert, avec ses câbles d’alimentation à gauche et vidéo (VGA) à droite, qui donne une idée de ce que l’on trouve sous le capot : carte d’alimentation et carte vidéo (ou “logique”).

Le voyant s’allume, mais pas d’image

C’est la situation la plus courante, et le cas de Steph en fait partie (avec l’écran principal). Là, c’est la partie vidéo qui est défaillante, mais cela peut provenir de plusieurs causes, de la plus bénigne pour Steph à la plus désastreuse. Il faut donc les tester l’une après l’autre. Plusieurs manips donc :

1- vérifier le câblage vidéo

Débrancher le câble (VGA, DVI, HDMI, DisplayPort, Thunderbold) du côté de l’écran ET du côté de l’ordi, le détordre, vérifier son intégrité et l’attache des ports, puis rebrancher soigneusement.
Si possible, utiliser un autre câble vidéo disponible, et comme les écrans disposent souvent de plusieurs connecteurs, essayez avec un autre type de câble (un DVI au lieu d’un VGA, etc.).

2- observer le (re)démarrage de l’ordi
  • est-ce que l’ordi émet un ou plusieurs bips à l’allumage ? Un bip bref indique que tout va bien, tous les autres signaux indiquent un problème matériel, donc noter le nombre et la durée (court ou long), puis regarder sur internet leur signification (qui varie parfois d’un modèle de BIOS à l’autre, mais voyez ce qui est diagnostiqué pour les 3 principaux “vendors”, et si cela s’applique à votre situation). Il est possible qu’une carte, une barrette de RAM, ou un câble SATA soient mal connectés. L’absence totale de bips (alors que vous en entendiez d’habidude) mettrait en cause le fonctionnement de la carte-mère ou du processeur, mais cela ne peut pas être le cas ici puisque justement l’ordi démarre normalement ;
  • est-ce que les ventilateurs tournent ? et les voyants d’alimentation de l’ordi s’allument ? est-ce qu’on entend le disque dur se mettre en marche (il n’y aura pas de bruit si le système est sur un SSD). Si ce n’est pas le cas, le problème ne vient pas du moniteur mais de l’unité centrale. Si par contre le PC répond bien, cela vient du moniteur ou de la fonction l’affichage.
3- tester avec un autre moniteur
  • si rien ne s’affiche sur le nouvel écran, voir plus bas ;
  • s’il affiche les séquences de démarrage, avant de redevenir noir, le problème vient de Windows (ou d’un autre OS bien sûr). Et comme dans l’exemple de Steph, il faut modifier les paramètres d’affichage, en choisissant une résolution compatible avec votre écran ou plus basse que la norme. On peut aussi avec le raccourci Windows + P s’assurer que l’on est bien dans la disposition “Ordinateur uniquement” ;
  • si cette manip n’a pas fonctionné, est-ce qu’il n’y a pas eu une mise à jour juste avant le redémarrage de votre ordi ? Ou alors une installation d’un logiciel avec fonction graphique ? On peut en effet soupçonner un problème de pilote (incompatible ou foireux). Voir dans le gestionnaire de périphériques s’il y a des avertissements (triangles jaunes). Si oui, il faut désinstaller-réinstaller les pilotes ou/et le programme litigieux ;
  • au redémarrage, cet écran d’emprunt fonctionne ? alors c’est l’écran en panne ou sa connectique qui est en cause. Commencer par remplacer le cordon vidéo, car il peut avoir subi des ruptures des fils conducteurs non visibles, et vérifier aussi que les connecteurs sont en bon état, qu’il n’y a pas par exemple de broches cassées ou tordues. Et si ça ne change rien, c’est l’écran lui-même qui est défectueux ;
  • si par contre l’écran d’emprunt ne fonctionne pas, en n’ayant pas utilisé les mêmes câbles, alors cela vient de la GPU : s’il y a une carte graphique dédiée, l’enlever, et tester l’écran sur le connecteur graphique de la carte-mère s’il y en a une ; remettre la carte graphique et tester au cas où elle aurait été mal branchée ; remettre la carte graphique sur un autre port PCI-E disponible, et retester. Si vous avez un chipset graphique intégré au processeur, aïe ! vérifier que le processeur fonctionne encore ;
  • profiter de l’ouverture du boîtier pour nettoyer l’intérieur de votre ordi, enlever la poussière sur les connecteurs, vérifier et nettoyer les contacts de la carte graphique. Et si le processeur intègre la fonction vidéo, vérifier que l’ensemble ventirad + processeur est bien fixé, que la pâte thermique n’est pas sèche.
    Si le changement de connecteur PCIe ou le branchement sur le port vidéo de la carte-mère donne un résultat positif, cela veut dire que la carte graphique dédiée ou intégrée est en panne.
4- Remettre son écran récalcitrant

Ça ne marche toujours pas ? Il va falloir aller plus loin dans les tripatouillages. Cela n’a de sens que si votre écran marche correctement sur un autre ordinateur, évidemment.

  • réinitialisation et mise à jour du BIOS (UEFI). Cela suppose que l’écran affiche le BIOS/UEFI, avant son extinction au démarrage de Windows. Sinon, on y parvient en ouvrant le boîtier (après avoir débranché le câble d’alimentation de l’ordinateur, hein ! et attendu que la LED verte sur la carte-mère se soit éteinte) et en retirant la pile ronde du CMOS de la carte-mère, puis en la remettant au bout de 15 secondes. Mais si on a accès au BIOS/UEFI, chercher les paramètres par défaut. Cela dépend malheureusement de la version et de la marque de l’utilitaire, chercher : Reset to Default, Factory Default, Setup Defaults…et si votre version est en français, Remise à zéro, réinitialisation, paramètres d’usine, ou des expressions similaires. Dans l’UEFI, on a toujours dans l’écran d’accueil Retour aux paramètres par défaut ou termes équivalents, ou tout simplement un bouton Default (ou F5) en bas à droite. On valide cette option, puis on enregistre les changements (F10).
    Voici un bon tuto pour réinitialiser le BIOS ;
  • une solution complémentaire consiste à flasher le dernier firmware de son BIOS, autrement dit de mettre celui-ci à jour. C’est une bonne idée, un peu délicate à effectuer. La méthode dépend de la marque de la carte-mère de votre ordi. Il y a alors une procédure stricte à suivre pas à pas, indiquée dans le document en ligne de votre carte-mère sur le site du fabricant. Dans les versions UEFI, cette fois en mode avancé, il existe aussi une option de mise à jour du firmware, normalement dans l’onglet Tool ;
  • si vous n’avez pas pu régler l’affichage de l’écran grâce à un écran d’emprunt, on peut modifier la résolution autrement, certes plus compliquée. On allume l’ordi en appuyant simultanément sur la touche Maj. On clique sur l’option Résolution de problèmes/options avancées ; puis sur Paramètres de démarrage, puis sur Redémarrer. Un écran Startup Settings s’ouvre, avec une liste d’options. On appuie sur 3 ou F3 (Enable low-resolution video), ce qui va activer un affichage vidéo basse résolution ;
  • vérifier qu’il n’y a pas un avertissement vous signalant un problème avec la carte graphique, ou avec tout autre composant présent dans le gestionnaire de périphériques. Si c’est le cas, c’est là qu’il faut chercher l’origine de la panne. Même en l’absence d’avertissement, mettre à jour les pilotes vidéo et de la carte graphique de l’ordinateur : Panneau de configuration/système/gestionnaire de périphériques/moniteurs, clic droit sur le moniteur à problème, et choisir “mettre à jour le pilote”.

  • si rien n’y fait, alors que vous avez vérifié que votre écran fonctionne (sur un autre ordi), il va falloir trouver la cause de la panne matérielle liée à votre ordinateur. Si votre configuration comporte une carte vidéo (carte graphique), c’est sans doute elle la fautive, mais vous l’aurez sans doute déjà repéré dans le gestionnaire de périphériques. Et c’est le cas aussi si vous n’avez pas de carte graphique, mais seulement un chipset graphique intégré à votre processeur : il s’affichera dans gestionnaire de périphériques/Cartes graphiques, sous la forme “Intel HD Grapics 530 ou autre” si vous avez un processeur Intel, et sous forme Radeon R7 ou autre si vous avez un processeur avec APU AMD.
    Si la mise à jour des pilotes graphiques ne produit pas d’effet positif, aie ! il va falloir changer probablement la carte graphique ou le processeur, selon que la GPU est dédiée ou intégrée. Mais ceci est une autre histoire.

L’écran s’allume mais reste noir jusqu’au démarrage de Windows

… Mais après le démarrage de Windows, l’écran fonctionne normalement. C’est certes moins gênant que la situation contraire, qu’on a vue plus haut. Mais ça indique un mauvais paramétrage vidéo. Je n’ai jamais rencontré cette situation, mais J’ai lu des posts indiquant cet incident avec des écrans freesync, activés en 72 hz : désactiver le freesync (et repasser en 60 hz) permet l’affichage durant le boot.
Mais bon : si on a acheté un écran freesync, c’est pour avoir cette fonctionnalité. Faire la manip à chaque session, ce n’est pas une (bonne) solution, mais je n’ai pas trouvé ce qu’il faut faire. Eventuellement, contacter la hot line du fabricant.

L’écran s’allume et s’éteint, ou a des variations de luminosité, ou palit

  • peut-être simplement un mauvais contact : changer le câble vidéo/alimentation pour vérifier ;
  • ou alors c’est l’alimentation de l’écran, ce qui peut venir :
    – de l‘inverter (ou carte alim-néon, convertisseur de tension, voir par ex. ce site pout plus d’explications. Dans ce cas, on parvient à voir le bureau, très sombre, en éclairant l’écran de biais avec une lampe de poche ;
    – cela peut aussi venir du rétro-éclairage LED sur les nouveaux types d’écrans.
    Il faut alors changer l’inverter en fonction de la carte d’alimentation de l’écran (code sur la plaquette électronique), ou le driver de LED. On trouve des inverters pour tube CCFL, et des drivers de LEDs, chez Eurocomposant.fr par ex.
    Si vous vous sentez une âme de réparateur (mais on en reparle plus loin), voici deux tutos :
    –> http://www.tomsguide.fr/forum/id-2162527/tuto-changer-retroeclairage-ecran-lcd.html,
    –> https://ordinatique.com/2009/01/09/reparer-le-retro-eclairage-dun-moniteur-lcd/

L’écran se met à clignoter, de plus en plus souvent

On dit que l’écran “pompe”… La cause vient ici de condensateurs qui ont laché. Les condensateurs de qualité moyenne durent normalement entre 3000 et 5000 heures, donc au bout de 3 ou 4 ans, on a ce résultat, souvent rencontré sur certaines gammes d’écrans Samsung.
C’est moins grave et moins difficile à réparer que le remplacement de la carte inverter ou du driver de LEDs, mais il faut quand même ouvrir l’écran pour remplacer les condensateurs fautifs, qui peuvent couler ou s’être déformé.
Pour en savoir plus :

  • la page Coreight, qui présente un beau tuto ;
  • le forum de Hardware, qui montre comment démonter l’écran, la place des condensateurs, le choix des bons modèles de condensateurs, et où les trouver (sur eBay par ex. ).

L’écran affiche des rayures verticales multicolores

  • soit c’est simplement une question de réglage de l’écran ;
  • soit c’est plus probablement la carte graphique de l’ordinateur qui est H.S. : le meilleur moyen de le savoir est de brancher un autre écran à la place de celui qui pose problème. Si on obtient le même symptôme, il n’y a malheureusement pas de doute. Il faut alors changer la carte graphique, ou le processeur avec module graphique intégré.

Réparer son moniteur ?

Faire appel au SAV

Le service après vente est à considérer, s’il est encore sous garantie, bien sûr ! Ça peut être coûteux (port), long, stressant (justifications), et pas toujours efficace, mais il faut le faire.
Hors garantie, il faut que l’écran vaille (encore) plus cher que son modèle en occasion. Et certaines marques (Samsung…) refusent de toutes façons de s’occuper des écrans qui ne sont plus sous garantie.

Faire réparer chez un pro ?

Tous les réparateurs ne veulent pas s’occuper des écrans, et vous n’en trouverez pas forcément près de chez vous. Demandez impérativement un devis, ou au moins une estimation, pour être sûr que ce sera moins cher qu’un écran neuf.
En voilà un… si vous habitez à Dijon !
Leur site fournit aussi ce lien pour trouver des réparateurs près de chez soi, mais qui ne s’occupent pas forcément des écrans.

Réparer soi-même ?

C’est une opération délicate à faire soi-même, sauf si on a des compétences en électronique, et un minimum de matériel. Se procurer les bons composants n’est pas non plus évident.
Chez ce réparateur spécialisé, une page montre le matériel utilisé pour faire les réparations, ça donne une idée des compétences et des moyens à mettre en oeuvre…

N’ouvrez un écran qu’avec beaucoup de précautions : risques électriques graves. Il doit être hors tension depuis longtemps. IL faut le refermer avant tout essai.
Il faut commencer sa recherche avec la référence de son moniteur, vous trouverez de nombreux liens sur internet de gens qui ont eu le même problème que vous. Sinon, chercher dans la même gamme. Les liens indiqués dans l’article vous seront aussi forcément utiles, ainsi que celui de Comment Réparer, qui répond à beaucoup de cas.

Pale Moon, un navigateur dérivé de Firefox

Mes interrogations concernant Firefox 57+ (Quantum) m’ont amené à me servir de Waterfox comme navigateur principal. J’avais pourtant déjà eu l’occasion de tester Pale Moon, à l’époque de la controverse sur les DRM/EME accueillis par Firefox. La manière dont Mozilla avait calmé la polémique (DRM désactivables) m’avait fait délaisser ce bon projet.

 

Caractéristiques importantes

Pale Moon s’est maintenu et continue son bonhomme de chemin, sans démériter. Il remplit, comme Waterfox, les critères qui m’importent, face aux doutes concernant les intentions réelles de Mozilla. Un nouvel essai s’imposait donc !

C’est un programme libre et open source, sans but lucratif, soutenu par un projet communautaire, orienté sur la sécurité et la confidentialité. Très lié au projet Basilisk (XUL platform, pour les développeurs). C’est un fork de Firefox avant l’apparition d’Australis, il ressemble donc à une ancienne version de Firefox (v. 24 ESR), mais il a évolué indépendamment de son “géniteur” et il est devenu un produit spécifique et qui se veut moderne (CLSID propre). Il s’efforce en particulier de maintenir un haut degré de configurabilité, en s’efforçant à la plus grande stabilité de fonctionnement.
Par rapport à Waterfox, on peut davantage parler de navigateur dérivé de Firefox plutôt que de fork, avec un code source différent, et un rythme de développement et de publication (versioning ) indépendant.

Mise en oeuvre

Je l’ai donc téléchargé en version portable, en ce qui me concerne en v. 64bits, histoire de ne pas installer en dur un nième navigateur (Firefox, Opéra, Waterfox sur ce poste). On télécharge par la même occasion le fichier fr.xpi pour la mise en français, et le code SHA-256 pour vérifier l’empreinte. Tout est facilement accessible sur le site.
On trouve un bon tuto en français sur le site de philou.

Comme pour Waterfox, je crée un dossier qui me convient pour y mettre le fichier téléchargé, le contrôler (checksum), le décompresser, y ajouter le fichier de langue française et la documentation). Je m’installe un raccourci sur le bureau du fichier palemoon-portable.exe. Puis je double clique sur le raccourci du bureau. Et c’est parti… en anglais évidemment.
La mise en français est un peu laborieuse, que l’on suive le tuto (en anglais !) sur le site de Waterfox à la page des “languages” (mais DeepL, développé par Linguee, est un traducteur qui vaut largement celui de Google), ou celui d’Excalibur.
La page de démarrage de Pale Moon (start.me) offre une palette de ressources accessibles (réseaux sociaux, médias, ressources, voyages, shopping,…) . Je me suis personnellement empressé de la virer !
Duckduckgo est proposé comme moteur de recherche par défaut, et le l’ai remplacé par Qwant. Ou plutôt NON ! je l’ai remis avec plaisir ce matin
On peut migrer son profil Firefox vers Pale Moon grâce à un utilitaire proposé sur leur site : http://www.palemoon.org/migrationtool.shtml. Je ne l’ai pas utilisé personnellement, préférant garder un profil vierge.

Mon avis est pour l’instant positif, mais j’ai encore une expérience beaucoup trop courte. Le navigateur est moins rapide que Firefox Quantum et que Waterfox, mais il va vite pourtant, en étant allégé par rapport aux versions récentes de Firefox : l’équipe dév a supprimé le contrôle parental, les options d’accessibilité, les groupes d’onglets, les services de maintenance, le lecteur PDF, les API sociales). Et tant mieux, aucune raison que ce soit intégré au navigateur lui-même. Il est aussi optimisé pour le HTML5, le CSS3, le WebGL. Il y a plus d’options de configuration et de personnalisation qu’avec Firefox, selon les geeks.
Mais ce qui me gêne surtout c’est une certaine difficulté à installer certains add-ons, par ex. celui d’ µBlockOrigin.
Forcément, Pale Moon n’accepte pas les WebExtensions, et donc une partie croissante des extensions de Firefox sont incompatibles ; Pale Moon fournit d’ailleurs la liste actualisée des extensions incompatibles. Le site des extensions proposées, au format XUL, est déjà riche et va sans doute continuer à s’enrichir des extensions chassées du site Mozilla, mais surtout on y trouve bon nombre d’extensions propres à Pale Moon, et qui paraissent tout à fait intéressantes : j’en testerai certainement !

Conclusion provisoire

Pale Moon Fonctionne sous Windows Vista et ultérieurs, en 32 et 64 bits, que ce soit en version installable ou portable. Il fonctionne sans souci et semble “docile” à utiliser. Le projet en tous cas est vivant et actif.
Je dirai qu’il convient parfaitement aux “vieux ordinateurs”, là où Waterfox convient davantage aux meilleures configurations récentes (et uniquement x64).

Waterfox, une alternative à Firefox version Quantum

Le choix d’un navigateur n’est pas anodin.  Je vais expliquer pourquoi j’ai décidé d’en changer, et montrer comment je l’ai fait. C’est très facile en fait ; mais le plus important sera d’en assurer le suivi critique.

Pourquoi j’ai installé Waterfox

J’utilise Firefox depuis qu’il existe, et avant j’utilisais Netscape. Mais je considère que malgré ses déclarations réitérées, Mozilla laisse quand même planer de sérieux doutes sur son respect de la vie privée. J’ai donc été amené à tester d’autres navigateurs depuis quelques années : À l’époque de l’introduction des DRM, j’ai testé Pale Moon, et quand les questions de sécurité et de compromission avec Google et Yahoo se sont posées, j’ai essayé Comodo Dragon et des navigateurs plus rustiques comme Seamonkey… Mais bon ! Firefox restait quand même mon navigateur par défaut.
Pour moi, l’arrivée de la version 57 de Firefox, dite Quantum, change la donne. J’en ai parlé dans mon dernier Édito, mais depuis l’expérience me montre d’autres changements qui ne me plaisent pas, ni en matière de confidentialité, ni en matière de fonctionnalités imposées.

En matière de confidentialité, Firefox utilise les outils de traque de Google et lui transmet les données de ses utilisateurs. Certes, Mozilla a fait le gros effort de fournir des indications détaillées de ses procédés de collecte de données personnelles, mais cela pose toujours le même problème : qui lit et qui examine les options de télémétrie ? Eviter le pistage devient vraiment compliqué, pas à la portée du débutant, et l’on n’y parvient d’ailleurs que partiellement. Par ex., il faut être vraiment au courant de la façon de se débarrasser de Google Analytics dans la page d’addons de Firefox. La tentation de la collecte de données personnelles est paradoxale au moment où Mozilla insiste tant sur le respect de la confidentialité. Et elle est préoccupante quand on l’associe au renouveau de l’intérêt de Mozilla pour la publicité, lancée en 2014, et qui est revient sous une autre forme. Devenir moins dépendant financièrement d’Alphabet grâce aux recettes publicitaires et au pistage des internautes, ah ! Don’t be evil !

En matière de fonctionnalités, la plupart vont dans le bon sens. Et notamment en matière de sécurité et de confidentialité, qui me préoccupent. J’apprécie fort la lutte de Firefox pour renforcer l’adoption d’une connexion sécurisée, combattre les nouvelles méthodes de tracking comme le fingerprinting. Même l’adoption des webExtensions repose sur de bons principes fonctionnels et de sécurité. Sauf que moi, je veux conserver des addons qui n’ont pas d’équivalents… en attendant qu’ils en aient, bien sûr !

Les extensions, c’est ce qui a fait la force de Firefox dans le passé, en assurant sa différence avec les concurrents. Là Firefox adopte le modèle webExtensions de Chrome et d’Opera. Sur des bases que les développeurs jugent moins souples et riches que les MPAPI. Mozilla impose aux auteurs de webExtensions de préciser les exigences de leur addon au moment de l’installation : bien ! même si je les trouve souvent abusivement intrusives.

Qu’offre donc Waterfox ?

J’avais déjà entendu parler de Watefox, quand son très jeune auteur avait écrit en C++ et lancé la première version 64 bits de Firefox en 2011, qui s’est tout de suite démarquée par sa rapidité. Depuis, il a fait progresser son navigateur, en y introduisant des fonctionnalités importantes en back-end, très brièvement décrites sur un article de Wikipédia. L’équipe fonctionne à plein régime, en offrant mois après mois une version nouvelle : on en est en janvier 2018 à la 56.0.3 (et en 56.0.4 en février).

Ce navigateur est donc un fork de Firefox, et en l’installant vous aurez du mal à voir tout de suite des différences avec la version 56 de Firefox. Je dis la 56, parce qu’en allant dans les Options, vous aurez le plaisir (en ce qui me concerne) de ne pas être dans la dernière interface du navigateur, qui se “simplifie” de plus en plus, pour mieux s’adapter aux utilisateurs inexpérimentés ?!
La version Quantum (v. 57+) de Firefox se vante d’être plus rapide (que Chrome notamment). Pour avoir installé Waterfox, en v. portable il est vrai, mais avec les mêmes paramétrages, bookmarks, et addons que Firefox 57.0.4 en 64 bits (hé ouais, FF a fini par proposer aussi le 64 bits !), je peux affirmer que Waterfox reste plus rapide sur mon poste en Windows 10. Vous pouvez vous-même le vérifier, en chronométrant le temps de recherche et d’affichage d’un site déterminé (il y a un chronomètre dans Windows 10/Alarmes et horloge), avec Firefox puis avec Waterfox.

Mais l’argument de la rapidité n’est pas mon souci majeur. Ce sont les questions de confidentialité et d’extensions qui m’ont fait basculer. Sur ces plans, Waterfox apporte des réponses qui sont plus crédibles que celles de Firefox. Voici ce que l’on trouve sur le site de Waterfox :

Site de Waterfox, onglet Features traduction
Disabled Encrypted Media Extensions (EME) désactivation des DRM/EME
Disabled Web Runtime (deprecated as of 2015) désactivation des web runtime
Removed Pocket suppression de Pocket
Removed Telemetry suppression de la télémétrie
Removed data collection collecte de données supprimées
Removed startup profiling profilage au démarrage supprimé
Allow running of all 64-Bit NPAPI plugins autorisation des plugins NPAPI 64 bits
Allow running of unsigned extensions exécution des extensions non signées
Removal of Sponsored Tiles on New Tab Page suppression des tuiles sponsorisées dans les onglets
Addition of Duplicate Tab option ajout de l’option dupliquer l’onglet
Locale selector in about:preferences > General sélecteur local dans : about:preferences/general

Le fait que l’on peut utiliser non seulement les addons legacy ( XPCOM/XUL), mais plus encore les extensions non signées semble contraire à ma préoccupation envers la sécurité et la confidentialité. Oui, c’est indiscutable ! Mais c’est au navigateur de me l’interdire, ou à moi de faire attention ?!

Ce point me paraît crucial : Mozilla prétend être à l’écoute de ses utilisateurs. Pourtant, les critiques sur l’abandon forcé des extensions legacy ont dû leur siffler aux oreilles, non ?! Que Mozilla impose aux développeurs les choix techniques nécessaires à la poursuite de son projet (Electrolysis), certes, mais qu’il ne les impose pas aux utilisateurs tant qu’ils restent compatibles avec le fonctionnement du navigateur. C’est la vision “plus de sécurité, moins de liberté”, chère à nos politiciens, comme dit Le Hollandais Volant.
Quel est donc l’utilisateur que vise aujourd’hui le projet Mozilla : Le débutant ? Alors, bonne chance, et il en faudra pour séduire, face à Chrome et Androïd, et face à Edge et à la domination sans partage de Microsoft sur les PC.

D’ailleurs, même et surtout pour le débutant, Je préfère un navigateur qui par défaut respecte la confidentialité (et partant, la sécurité) de l’utilisateur, plutôt qu’un navigateur qui explique comment faire pour désactiver les mouchards qu’il ne voudrait pas !  Par ex., devant les réactions envers Looking Glass, ou Google Analytics dans les bibliothèques de modules, Mozilla s’explique et propose des solutions de désactivation, de même qu’on peut peut sans doute parvenir à supprimer la géolocalisation, les WebRTC, le lancement automatique des vidéos, le tracking des liens, l’exploitation du Referrer, etc. Mais on ne peut pas passer notre temps à guetter les révélations et à trouver des patchs !

Ce que démontre en tous cas Waterfox, en proposant les MPAPI, c’est que l’éviction des extensions Legacy par Firefox n’est pas un problème technique, mais une volonté idéologique de la part de Mozilla.

Installons Waterfox

Donc j’ai installé Waterfox sur plusieurs de mes bécanes. Sur mon PC principal en Windows 7, je l’ai installé “en dur”, c’est à dire la version “setup.exe” qui installe le programme dans le système. C’est d’une grande simplicité, et très vite fait.
Sur la mini-machine de ma chambre, qui est sous Windows 10 (because Kabylake inside qui ne supporte plus Windows 7), j’ai installé la version portable (fichier .exe). C’est un peu plus compliqué à faire. Bon, ce n’est pas difficile de choisir la partition et le dossier où lui faire une place, mais l’exécutable est en anglais, il faut donc le mettre en français soi-même. Je me suis pris un bon moment avant de trouver le fichier de langues sur internet, et puis j’ai trouvé que ce n’était pas du tout nécessaire. D’ailleurs, puisque j’avais installé la version installable sur un autre poste, j’avais déjà le fichier de langue à disposition chez moi 😳 . Mais y a même pas besoin de ça : on passe par “About:config” :

et l’on change en-US par fr-FR  :

Ensuite dans la version installable, il est proposé d’installer les marque-pages et les réglages de Firefox. Si bien que l’on a tout de suite la copie conforme de ton Firefox.

Dans la version portable, par contre, il faut se donner un peu plus de mal : il faut sauvegarder ses marque-pages de Firefox, puis les importer dans le dossier Waterfox pour les activer, et c’est un peu moins propre.
Pour sauvegarder ses marque-pages de Firefox, le plus simple consiste, FF étant ouvert, à taper Ctrl + Maj + B (ou par le Bouton du menu Bibliothèque/Marque-pages/Afficher tous les marque-pages). Quand on y est, choisir Importation et Sauvegarde/sauvegarder, qui crée le fichier un fichier du genre : bookmarks-….json, ou bookmarks.html. Après il faut importer ce fichier :
Et c’est prêt ! Sinon, Waterfox portable se met sans souci en marque-page sur le bureau, ou s’épingle aussi bien dans la barre des tâches.
Après, on le paramètre en choisissant dans les Options les choix qui vont bien, pour moi ceux dont je parle dans mon vieil article, sauf que je choisis les Webextensions quand c’est possible. Par ailleurs, j’ai viré le navigateur par défaut proposé par Waterfox, Ecosia, qui, au nom de l’écologie, vous fait bouffer de la pub ! Désolé, mais mes plugins les plus précieux, ce sont quand même des adblockers et anti-antiadblockers ! Enfin, Ecosia, c’est moins pire que Yahoo! et maintenant Google, moteur par défaut sur Firefox !
N’oubliez pas, dans les réglages, ceux de New tab controls : désactiver Show your top sites (montrer vos sites favoris), et Include suggested Sides, pour éviter que, dans la session en cours, les sites sur lesquels vous allez puissent s’en servir pour leurs pubs.

On peut utiliser les nouvelles extensions de Firefox 57+ avec Waterfox, mais c’est parfois compliqué :

Dans l’ensemble, je suis très satisfait de ce début d’expérience de Waterfox, que ce soit en version installable ou portable.

On verra à l’usage si mon avis se confirme : je vais rester vigilant, et je garde à jour sur un poste la dernière version de Firefox, qui est en ce moment la v. 58. Je continuerai à comparer les deux navigateurs, et à voir comment ils évoluent. Je complèterai cet article au fur et à mesure.
Alors n’hésitez pas à me faire part de vos propres retours d’expérience.