B- De HandyLinux à Debian

Outre la facilité d’utilisation pour les (grands et petits) débutants, HandyLinux présente le remarquable intérêt d’évoluer au fur et à mesure des progrès de l’utilisateur.
HandyLinux a été conçu pour les débutants, et suffit pour toutes les tâches courantes. Mais son interface est très souple et permet, pour ceux qui veulent aller plus loin, de la modifier par étapes jusqu’à revenir à la distribution Debian sur laquelle elle est fondée.

 

Une distribution évolutive

Cet article est la suite de “Une distribution pour ne pas se prendre la tête“, que j’ai édité à l’occasion de la sortie de la version 1.7.x, et des explications concernant les modifications possibles de l’interface.
La version 1.8. est sortie en janvier 2015 (juste après la mise à jour de Debian). Et la version 1.9-Wheezy le 11 avril 2015. Pourquoi “wheezy” ? tout simplement parce qu’elle est encore fondée sur Debian 7 qui s’appelle Wheezy.
Car vous pouvez aussi installer HandyLinux 2.0-Jessie, encore en version beta au moment où j’écris : Jessie étant l’appellation de Debian 8.
P.S. Depuis cet article, la version 2.x “Jessie” est maintenant en 2.1. Mais ça ne change rien au sujet de cet article.

Si l’on va sur le site ou sur le forum, on constate que le petit collectif s’active énormément, et travaille d’arrache-pied pour améliorer la distri et la rendre encore plus agréable à utiliser. A chaque nouvelle version, l’interface est plus sympa !
Orientée délibérément sur l’expérience utilisateur, elle l’accompagne dans ses progrès jusqu’à l’aider à passer à une config plus complète quand il s’y sent prêt : XFCE avec plusieurs interfaces, puis tout simplement Debian, qui a la réputation d’être un peu austère.

Sur la page dédiée du site d’HandyLinux, on appelle ça retirer les roulettes (du vélo Debian) : quand on n’a plus peur de tomber, les roulettes deviennent gênantes.
Enfin, en principe, parce que pour beaucoup d’utilisateurs que je connais (en EPN), cette interface est agréable et d’une simplicité qu’ils n’ont pas envie de perdre.

1- Passer de HandyMenu au menu XFCE

La première évolution, qui facilite l’accès à l’ensemble des fonctionnalités et des programmes, consiste à passer sur l’interface XFCE. Le HandyMenu limitait le nombre d’applications offertes, pour ne pas noyer le débutant, à un choix des principales applications nécessaires pour chacune des grandes activités possibles sur son ordinateur. Le menu XFCE permet de les multiplier à l’envi, ou tout simplement de remplacer celles offertes par défaut à d’autres que l’on préfère (ce qui est généralement le cas des non-débutants). C’était possible avec HandyMenu, mais pas “évident” à faire.
Et pas besoin non plus d’aller dans la case “pour les aventuriers” pour chercher avec plus ou moins de bonheur les multiples fonctionnalités offertes par le socle Debian. On a des menus déroulants que les non débutants retrouvent avec soulagement, et qui permettent d’aller beaucoup plus vite.
La manière de procéder est très simplement indiquée sur la page déjà mentionnée, et il suffit de la suivre.

2- Remplacer HandyMenu par WhiskerMenu

Ce plugin existe depuis la version 1.5 d’HandyLinux (ne pas l’installer si vous êtes resté à une version antérieure, mais on se demande pourquoi vous n’auriez pas mis à jour votre distri !).
Sur la page dédiée à la présentation des évolutions, vous trouverez une vidéo qui montre la marche à suivre. Regardez-là pour vous faire une idée, puis réalisez la manip pas à pas telle que proposée par Coyotus. L’interface de Whisker a été conçue pour les windowsiens repentis, et ressemble donc au menu Démarrer de Windows.
Le menu se met à jour automatiquement quand on ajoute ou supprime une appli, et propose les applis favorites dans un onglet spécial, comme dans le menu Démarrer de Windows.
Les rubriques du menu Whisker s’affichent, contrairement au Menu Windows, sur l’onglet de gauche de la fenêtre, que l’on peut redimensionner par le petit triangle visible en haut à droite et non par cliquer/déplacer.

3- Ajouter des boutons, ou Passer au Dock

On peut, par simple cliquer/déposer, placer des applis du menu dans la barre (des tâches, dirait un windowsien). Ça ouvre l’appli (chromium dans l’exemple fourni sur la page Evolutions, ou n’importe quelle autre qui vous intéresse, pour autant qu’elle soit installée). Et elle peut rester, comme sous Windows 7 ou 8, dans cette barre, où il suffit d’un clic pour la lancer.
Passer au Dock, c’est une option “moderne” à la manière de Mac OS X, voire de Unity Ubuntu, qui est proposée par XFCE pour lancer rapidement les applis. La manip consiste à créer un deuxième “tableau de bord”, où l’on placera les applis et peut-être même les fonctionnalités que l’on utilise tout le temps. J’ai eu plus de mal et ça m’a paru moins intéressant que de mettre ses bonnes applis dans la barre du bas. Mais vous n’êtes pas obligé de partager mon point de vue !

4- Passer à Debian classique

La dernière évolution proposée consiste à revenir entièrement à Debian, en se débarrassant de la “surcouche” d’HandyLinux. Sur la page d’accueil de la dernière version stable (1.9.X), on insiste : “pourquoi l’adopter ? – Pour vous en passer !” et se mettre sur Debian XFCE.
Je ne l’ai personnellement pas fait, parce que je veux tester dans la durée l’aventure HandyLinux, et voir ce que donneront les nouvelles versions. Si j’avais voulu Debian, je n’aurais personnellement pas eu besoin de passer par HandyLinux, évidemment.
Parmi les gens à qui l’on a installé Handylinux dans notre cybercommune, je ne connais qu’une personne à être passée à Handy2Debian, les autres préférant la simplicité de l’interface d’HandyLinux.
Mais j’ai vu que c’était très simple à faire – beaucoup plus que de passer de Unity à Gnome ou KDE sous Ubuntu ! Les retours d’expérience du forum sont d’ailleurs positifs.
On procède, comme indiqué sur la page Evolutions que l’on connaît, soit en passant par Synaptic (gestionnaire de dépôts de logiciels), soit en ligne de commande (il suffit de copier-coller la ligne fournie dans un terminal).

Conclusion

Bref, tout cela est très positif et honore cette toute jeune distribution. Qui commence même à proposer des variantes : HandyLinux Light (live CD) et Compiz 3D.

Je ne ferai qu’une seule grosse critique, qui ne concerne pas la distri elle-même, mais la nécessité de la télécharger par SourceForge, qui est (devenu, hélas !,) une société privée qui oblige à installer des adwares qui s’incrustent profondément dans Windows. Le site propose aussi de télécharger l’ISO en .torrent sur Linuxtracker, mais évidemment c’est une alternative réservée aux adeptes du P2P. C’est ce que je fais personnellement, ça vaut le coup d’installer un programme de P2P si l’on est sous Windows (sous Linux, c’est en principe installé par défaut).

Note du 9/01/2016 : Bonne nouvelle, HandyLinux quitte SourceForge et sera hébergé par TuxFamily, à partir de la mise à jour de la version 2.3, fin janvier.

Le problème ne se pose pas (plus) si vous êtes déjà utilisateur d’HandyLinux, auquel cas il suffit d’opérer les mises à jour régulièrement, pour profiter de toutes les améliorations que l’équipe vous concocte, et pour éviter les failles de sécurité par la même occasion.
Le passage à la version 2.0 beta est un peu plus complexe, pour l’instant en tous cas. Et il ne faut pas être débutant pour le faire, mais un bon “aventurier”. Suivre dans ce cas le tuto sur le site HL : article 160 /handyLinux-2-0-beta-est-disponible.
P.S. voir aussi mon article “HandyLinux V2“, paru depuis.